Japon

Momiji au Japon : où et quand admirer les érables rouges en automne

Chaque automne, le Japon se couvre de rouge et d’or. Les momiji, les érables japonais, embrasent les temples de Kyoto, les lacs de Nikko et les jardins de Tokyo, dans un spectacle que les Japonais célèbrent depuis plus de mille ans. Moins connu que les cerisiers du printemps, le momiji au Japon est pourtant considéré par beaucoup de voyageurs comme la plus belle saison pour découvrir le pays. Voici tout ce qu’il faut savoir : la signification de cette tradition, le calendrier des couleurs région par région et les plus beaux endroits où les admirer.

Momiji, koyo, momijigari : trois mots pour une même passion

Le mot momiji désigne à la fois l’érable du Japon et le rouge éclatant que prennent ses feuilles en automne. Le koyo, écrit avec les mêmes caractères, décrit le phénomène plus large du changement de couleur des feuillages, du jaune lumineux des ginkgos au brun cuivré des hêtres.

Quant au momijigari, littéralement la chasse aux feuilles rouges, c’est la tradition de partir contempler ces couleurs dans les temples, les jardins et les montagnes. Née à l’époque de Heian dans l’aristocratie de Kyoto, qui plantait des érables pour composer des poèmes à leur pied, elle est aujourd’hui une véritable institution nationale : chaque automne, les chaînes de télévision diffusent les prévisions du front des couleurs, suivies avec autant d’attention que celles des cerisiers au printemps.

Le momiji incarne aussi une idée profondément japonaise, le mono no aware : la beauté des choses éphémères. Les feuilles rougeoient quelques semaines, puis tombent. C’est précisément ce qui les rend précieuses.

Quand voir les momiji au Japon : le calendrier région par région

Le rougissement des feuilles progresse du nord au sud, à l’inverse des cerisiers. Il commence à Hokkaido dès la mi-septembre, gagne les montagnes en octobre et atteint les grandes villes entre mi-novembre et début décembre. Le pic des couleurs dure une à trois semaines selon les sites, bien plus longtemps que la floraison des cerisiers.

RégionPic des couleursSpots emblématiques
HokkaidoMi-septembre à fin octobreParc national de Daisetsuzan, Jozankei
Nikko et les Alpes japonaisesDébut octobre à début novembreLac Chuzenji, chutes de Kegon, Matsumoto
Région du Mont FujiFin octobre à mi-novembreLac Kawaguchi, corridor des érables
HakoneDébut à fin novembreLac Ashi, parc de Gora
TokyoMi-novembre à début décembreRikugien, Shinjuku Gyoen, Meiji Jingu Gaien
Kyoto, Nara, OsakaMi-novembre à début décembreEikan-do, Tofuku-ji, Arashiyama, parc de Nara, Minoo
Hiroshima et MiyajimaMi à fin novembreVallée de Momijidani

Ces dates varient d’une année à l’autre selon la météo. Les prévisions officielles du koyo, publiées chaque automne, permettent d’ajuster son itinéraire au plus près du pic. Pour un voyage classique reliant Tokyo, Kyoto et Hiroshima, un départ entre début et mi-novembre offre les meilleures chances de couleurs sur l’ensemble du parcours.

Les plus beaux endroits pour admirer les momiji

Kyoto, la capitale des érables

Aucune ville n’est plus associée aux momiji que Kyoto. Le temple Eikan-do, dont le jardin entier se couvre d’érables, est considéré comme le plus beau spot de la ville, avec des illuminations nocturnes en novembre. Le temple Tofuku-ji offre depuis le pont Tsutenkyo une vue plongeante sur une mer de feuilles rouges et orangées. À Arashiyama, les collines boisées qui dominent la bambouseraie et la rivière composent un paysage multicolore, à admirer aussi depuis le petit train panoramique de Sagano. Citons encore le Pavillon d’or Kinkaku-ji, le chemin de la Philosophie et le temple Ruriko-in, ouvert au public uniquement quelques semaines par an, dont le parquet laqué noir reflète les érables comme un miroir.

Nikko et les montagnes, les couleurs précoces

À deux heures de Tokyo, Nikko est le grand rendez-vous d’octobre. Les feuillages y rougissent plus tôt qu’en ville grâce à l’altitude : le lac Chuzenji, perché à 1 400 mètres, les chutes de Kegon et le pont sacré Shinkyo composent certains des plus beaux tableaux d’automne du Japon. Les sanctuaires classés à l’UNESCO, perdus dans la forêt flamboyante, valent à eux seuls le déplacement.

Le Mont Fuji et Hakone

La région du Mont Fuji vit son pic de couleurs entre fin octobre et mi-novembre. Au bord du lac Kawaguchi, le corridor des érables encadre le volcan enneigé pour l’une des images les plus iconiques du Japon. À Hakone, le lac Ashi et son torii rouge, le téléphérique d’Owakudani et les jardins de Gora se découvrent dans un écrin de montagnes colorées, avec le Fuji en toile de fond les jours de ciel clair, fréquents en cette saison.

Tokyo, l’automne au pied des gratte-ciel

La capitale vit son automne de mi-novembre à début décembre. Le jardin Rikugien, créé en 1702, illumine ses 450 érables à la nuit tombée. Shinjuku Gyoen déploie un dégradé de rouges, d’orangés et de jaunes au cœur de la ville, et l’avenue de ginkgos de Meiji Jingu Gaien se transforme en tunnel doré. Le ginkgo est d’ailleurs l’arbre officiel de Tokyo, dont il borde de nombreuses avenues.

Nara, Osaka et Miyajima

Dans le Kansai, le parc de Nara mêle daims en liberté, érables et ginkgos autour du grand Bouddha du Todai-ji. Près d’Osaka, le parc de Minoo aligne les érables le long d’un sentier menant à une cascade, où l’on déguste une curiosité locale : le momiji tempura, de vraies feuilles d’érable frites en beignet. Enfin, sur l’île de Miyajima, face au torii flottant d’Itsukushima, la vallée de Momijidani porte le nom de ce qu’elle promet : la vallée des érables, plantée d’environ 700 arbres flamboyants à quelques minutes du sanctuaire. C’est ici qu’est né le momiji manju, le petit gâteau en forme de feuille d’érable fourré à la pâte de haricot rouge.

Nos conseils pour profiter pleinement de la saison des momiji

  • Visitez les sites majeurs tôt le matin : Arashiyama, Eikan-do ou le parc de Nara se savourent à l’ouverture, avant l’arrivée de la foule.
  • Ne manquez pas les illuminations nocturnes : de nombreux temples de Kyoto et jardins de Tokyo illuminent leurs érables en novembre, un spectacle féerique.
  • Habillez-vous en couches : les journées sont douces et ensoleillées, mais les matinées et les soirées sont fraîches, surtout en montagne.
  • Réservez plusieurs mois à l’avance : l’automne est une haute saison, les ryokans et les hébergements des zones prisées affichent vite complet.
  • Suivez les prévisions du koyo : publiées chaque automne, elles permettent d’ajuster les visites au pic des couleurs de chaque région.

La saison des momiji se prête idéalement à un itinéraire complet à travers le pays, de Tokyo à Hiroshima. Pour construire votre voyage étape par étape, consultez notre article :  circuit Japon 15 jours : que voir, que faire en automne, qui relie les plus beaux spots de feuillages aux sites incontournables de l’archipel.

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Contempler les érables rouges au Japon demande un vrai travail de préparation : choisir les bonnes dates selon les régions, réserver les hébergements avant qu’ils n’affichent complet, organiser les trajets entre les sites. C’est notre métier.

Notre circuit famille de 15 jours au Japon pendant les vacances d’automne a été conçu pour vivre la saison des momiji dans les meilleures conditions, avec un itinéraire calé sur le calendrier des couleurs, des hébergements sélectionnés et des expériences pensées pour petits et grands.

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FAQ : momiji au Japon

Quelle est la différence entre momiji et koyo ?

Les deux mots s’écrivent avec les mêmes caractères japonais. Le koyo désigne le phénomène général du changement de couleur des feuilles en automne, toutes essences confondues. Le momiji désigne plus précisément l’érable du Japon et le rouge intense de ses feuilles.

Quand voir les momiji au Japon ?

De fin septembre à début décembre selon les régions. Le rougissement commence au nord, à Hokkaido, puis descend vers le sud. À Kyoto et Tokyo, le pic se situe généralement entre mi-novembre et début décembre, la période la plus recherchée par les voyageurs.

Où voir les plus beaux momiji au Japon ?

Kyoto est considérée comme la capitale des momiji, avec les temples Eikan-do, Tofuku-ji et le quartier d’Arashiyama. Nikko, la région du Mont Fuji, les jardins de Tokyo, le parc de Nara et la vallée de Momijidani à Miyajima comptent aussi parmi les sites les plus spectaculaires.

Qu’est-ce que le momijigari ?

Littéralement la chasse aux feuilles rouges. C’est la tradition japonaise qui consiste à se rendre dans les temples, les jardins et les montagnes pour contempler les feuillages d’automne. Elle remonte à l’aristocratie de l’époque de Heian, il y a plus de mille ans.

La saison des momiji est-elle très touristique ?

C’est une haute saison, mais moins concentrée que celle des cerisiers au printemps : les couleurs durent plusieurs semaines et se déplacent à travers le pays. En visitant les sites tôt le matin et en réservant hébergements et activités plusieurs mois à l’avance, on en profite dans de très bonnes conditions.

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